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Emailing pour petites entreprises : comment bien démarrer

Constituer une liste avec consentement, choisir l’outil, écrire des emails qu’on ouvre et automatiser l’essentiel.

Saadia Ait Iflach
SEO et marketing digital
Publié le 7 min de lecture

Pour démarrer l’emailing dans une petite entreprise, constituez votre propre liste avec un consentement clair, choisissez un outil d’envoi adapté à votre volume, mettez en place un message de bienvenue automatique et envoyez régulièrement un contenu utile à ceux qui le reçoivent. Mesurez les ouvertures et les clics, mais surtout les contacts, les réservations et les ventes générés par chaque envoi.

L’email reste l’un des rares canaux que vous contrôlez entièrement : la liste vous appartient, elle ne dépend d’aucun algorithme et atteint directement ceux qui ont déjà manifesté de l’intérêt. Pour un hôtel, un restaurant, une boutique ou une entreprise de services, c’est souvent le canal au meilleur rapport entre effort et retour. Ce guide explique comment démarrer sans faux pas.

Pourquoi l’email fonctionne toujours

  • La liste vous appartient. Si un réseau social change ses règles ou bloque votre compte, vous perdez l’accès à vos abonnés. Votre liste d’emails, elle, reste à vous.
  • Vous parlez à ceux qui vous connaissent déjà : clients, hôtes, personnes qui ont demandé des informations. C’est le public le plus susceptible d’acheter à nouveau.
  • C’est peu coûteux par contact, surtout comparé à la publicité payante.
  • On peut l’automatiser : un bon message de bienvenue ou de suivi après-vente travaille pour vous tous les jours.

Première étape : une liste avec consentement

Ce que dit la loi

Au Portugal, l’envoi de communications marketing par email à des personnes physiques exige, en règle générale, un consentement préalable et exprès, aux termes de l’article 13-A de la loi portugaise n° 41/2004. Il existe une exception limitée pour les clients : si vous avez obtenu l’adresse dans le cadre d’une vente, vous pouvez lui envoyer des communications sur des produits ou services similaires, à condition de lui avoir donné la possibilité de refuser au moment de la collecte et dans chaque message, facilement et gratuitement.

En pratique :

  • N’achetez jamais de listes d’emails. En plus d’être illégal dans la plupart des cas, cela nuit à votre réputation d’expéditeur et vos emails finissent en spam.
  • N’ajoutez pas à la newsletter les contacts issus de cartes de visite ou de demandes de devis sans consentement.
  • Prévoyez une case de consentement dédiée, non précochée, dans vos formulaires.
  • Conservez la preuve : quand et comment chaque personne s’est inscrite.
  • Proposez toujours un moyen simple de se désinscrire.

Nous abordons les règles applicables aux formulaires et à la politique de confidentialité dans notre guide sur les cookies et le RGPD sur un site web.

Où collecter des contacts

  • Un formulaire d’inscription à la newsletter sur le site, avec une promesse claire de ce que la personne recevra et à quelle fréquence.
  • Au moment de l’achat, de la réservation ou de l’arrivée, avec consentement.
  • Au comptoir ou à table, avec un QR code menant à un formulaire.
  • Lors d’événements et de salons, avec une inscription dédiée.

Une offre concrète aide : un guide utile, un avantage sur la prochaine réservation, un accès en avant-première aux nouveautés. Mais la promesse doit être tenue dans les emails suivants.

Choisir l’outil

Il existe de nombreuses plateformes d’emailing, avec des formules gratuites ou bon marché pour les petites listes. Plus que la marque, vérifiez :

  • Le prix selon le nombre de contacts et d’envois, sur 12 et 24 mois.
  • Les automatisations incluses dans la formule : bienvenue, anniversaires, après-achat.
  • L’intégration avec votre site, votre boutique en ligne ou votre système de réservation.
  • Un éditeur simple et des modèles qui s’affichent bien sur mobile.
  • L’emplacement des données et l’existence d’un accord de traitement des données conforme au RGPD.
  • La gestion automatique des consentements et des désinscriptions.

N’envoyez jamais de campagnes depuis votre messagerie habituelle, avec des dizaines de destinataires en copie. En plus d’exposer les adresses de tout le monde, c’est le moyen le plus rapide de voir votre domaine classé comme spam.

Arriver dans la boîte de réception

Les grands fournisseurs de messagerie sont devenus plus exigeants envers ceux qui envoient en volume. Pour que vos emails ne finissent pas en spam :

  1. Authentifiez votre domaine avec SPF, DKIM et DMARC. Votre outil d’envoi explique comment faire ; c’est une configuration à faire une seule fois sur le domaine.
  2. Envoyez depuis votre propre domaine, pas depuis une adresse gratuite.
  3. Facilitez la désinscription, avec un lien visible et, idéalement, une désinscription en un clic.
  4. Nettoyez la liste régulièrement, en retirant les adresses qui renvoient une erreur ou qui n’ouvrent plus rien depuis longtemps.
  5. Gardez un rythme régulier. De longs silences suivis d’envois massifs éveillent les soupçons.

Quoi envoyer

Les automatisations essentielles

Commencez par les messages qui fonctionnent tout seuls :

  • Bienvenue : envoyé juste après l’inscription, il présente l’entreprise et tient la promesse faite dans le formulaire.
  • Après l’achat ou le séjour : il remercie, demande un avis et suggère l’étape suivante.
  • Réactivation : pour les clients qui n’ont pas acheté ou réservé depuis longtemps.
  • Dates importantes : l’anniversaire du client, celui de son premier achat ou, pour un hébergement à Fátima, les semaines qui précèdent les grands pèlerinages de mai et d’octobre.

Pour les hébergements, le message après le séjour est particulièrement précieux : c’est le chemin le plus direct vers la prochaine réservation sans commission. Nous en parlons dans notre guide sur les réservations directes.

La newsletter

Une newsletter mensuelle est un bon rythme pour la plupart des PME. Quelques idées :

  • Des nouveautés concrètes : produits, menus, services, horaires.
  • Des conseils utiles liés à ce que vous vendez.
  • Les coulisses : l’équipe, les fournisseurs, le savoir-faire.
  • L’agenda : événements, saisons, promotions limitées dans le temps.

Un bon exemple de newsletter à contenu est celle de l’agenda culturel Bahja Spirit, que nous avons conçue pour Visit Marrakech : chaque envoi est une sélection utile, pas une simple promotion.

Écrire des emails qu’on ouvre

  • Un objet court et concret, qui dit ce que contient l’email.
  • Un objectif par email, avec un bouton clair.
  • Un texte court, écrit pour le mobile.
  • Un expéditeur reconnaissable, avec le nom de l’entreprise ou d’une personne de l’équipe.
  • De la personnalisation avec modération : le prénom aide ; segmenter par centre d’intérêt aide beaucoup plus.

Si l’écriture n’est pas votre point fort, la rédaction professionnelle fait une grande différence sur les ouvertures et les clics.

Mesurer ce qui compte

Les outils affichent les taux d’ouverture, de clic et de désinscription. Ils sont utiles, mais à prendre avec précaution : certaines applications de messagerie ouvrent automatiquement les messages pour protéger la vie privée, ce qui rend le taux d’ouverture moins fiable qu’avant.

Concentrez-vous sur :

  • Les clics et ce qui se passe ensuite : visites, contacts, réservations, achats.
  • Le chiffre d’affaires ou les conversions attribués à chaque envoi, avec des liens balisés pour Google Analytics.
  • Les désinscriptions et les plaintes pour spam, qui vous disent si vous envoyez trop ou pas ce qu’il faut.
  • La croissance de la liste, mois après mois.

Pour relier l’email au retour des autres canaux, lisez notre guide sur comment mesurer le ROI de Google Ads : les principes de mesure sont les mêmes.

Un plan pour les quatre premières semaines

  1. Semaine 1 : choisir l’outil, authentifier le domaine, revoir les formulaires et le consentement.
  2. Semaine 2 : rédiger et activer le message de bienvenue.
  3. Semaine 3 : créer l’automatisation après l’achat ou après le séjour.
  4. Semaine 4 : envoyer la première newsletter et fixer le calendrier des trois mois suivants.

Si vous préférez déléguer, notre service d’emailing et d’automatisation prend en charge la configuration, les automatisations et les envois réguliers, toujours avec la voix de votre entreprise.

Questions fréquentes

Puis-je envoyer des newsletters à mes clients sans leur autorisation ?

Dans certains cas, oui : si vous avez obtenu l’email lors d’une vente et que vous envoyez des communications sur des produits ou services similaires, à condition d’avoir donné au client la possibilité de refuser lors de la collecte et dans chaque message. Pour les personnes qui ne sont pas clientes, il vous faut un consentement préalable et exprès. Dans le doute, demandez le consentement.

À quelle fréquence envoyer des emails ?

Une fois par mois est un bon point de départ pour la plupart des petites entreprises, en plus des automatisations qui partent toutes seules. Les boutiques en ligne qui ont beaucoup de nouveautés peuvent envoyer plus souvent. Le signal d’alerte, c’est la hausse des désinscriptions : si elles augmentent après chaque envoi, vous envoyez trop, ou un contenu peu utile.

Quelle taille doit avoir la liste pour que cela vaille la peine ?

Il n’y a pas de minimum. Une petite liste de vrais clients, qui vous connaissent et ont choisi de recevoir vos emails, vaut plus que des milliers de contacts indifférents. Beaucoup d’outils sont gratuits ou bon marché pour les petites listes : vous pouvez donc commencer dès maintenant et grandir avec le temps.

Pourquoi mes emails arrivent-ils en spam ?

Les causes les plus courantes sont un domaine non authentifié avec SPF, DKIM et DMARC, des envois depuis des adresses gratuites, des listes contenant beaucoup d’adresses invalides ou des contacts qui n’ont jamais demandé à recevoir vos emails. Corrigez l’authentification, nettoyez la liste et n’envoyez qu’à ceux qui ont donné leur consentement.

À propos de l’auteur

Saadia Ait Iflach

SEO et marketing digital